Maladies émergentes

Selon l’organisation mondiale de la santé, une maladie émergente se définit comme « une nouvelle infection, causée par l’évolution ou la modification d’un agent pathogène ou d’un parasite existant, qui se traduit par un changement d’hôtes, de vecteur, de pathogénicité ou de souche. Le terme s’applique aussi à l’apparition d’une infection ou d’une maladie pas encore signalée ».
La détection rapide d’un cas et son dépistage sont de grande importance pour prévenir la dispersion de la maladie. En 2013, les partenaires ont pris la décision de mobiliser l’Équipe technique santé de l’EQSP pour développer une stratégie d’intervention visant à :
- Identifier rapidement des actions à mettre en œuvre pour prévenir l’introduction de la DEP dans le cheptel porcin québécois (Stratégie de prévention)
- Définir un plan d’action dans l’éventualité où la DEP serait introduite au Québec (Stratégie de contrôle)
En 2014, le delta coronavirus porcin (DCVP) et en 2017 le Senecavirus A se sont ajoutés à la stratégie de l’EQSP.
Les maladies émergentes sont :
Diarrhée épidémique porcine (DEP) et deltacoronavirus porcin (DCVP)
La diarrhée épidémique porcine (DEP) et le delta coronavirus porcin (DCVP) appartiennent à la même famille de virus qui provoquent des diarrhées sévères et des vomissements, jusqu’à la mort chez les porcelets. Seuls les porcs sont touchés, y compris les sangliers, les phacochères et autres cochons sauvages.
Depuis le début 2014, les abattoirs membres de l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP) effectuent des tests environnementaux pour détecter de façon préventive la présence du virus de la diarrhée épidémique porcine (DEP) ou du deltacoronavirus porcin (DCVP) sur les quais de débarquement des animaux et sur les remorques de transport des porcs. Des centres de rassemblement de porcs et des fabricants d’aliments pour animaux contribuent aussi à ce programme de surveillance en effectuant des tests environnementaux.
L’EQSP reçoit, compile et communique régulièrement les résultats de ces tests et prend les actions nécessaires afin de prévenir la propagation potentielle du virus de la DEP ou du DCVP aux fermes porcines québécoises dans un délai de 24 à 48 heures après la réception des résultats du laboratoire. En vertu de la réglementation provinciale, les directeurs des laboratoires doivent déclarer tout cas positif de DEP et de DCVP au MAPAQ.
L’EQSP encourage aussi tout intervenant du Québec à lui rapporter tout résultat positif de tests environnementaux pour la DEP ou le DCVP. Toute déclaration permet à l’EQSP de faire les suivis nécessaires, en collaboration avec les intervenants concernés, de façon à minimiser les risques de propagation de ces maladies. À défaut, le MAPAQ pourrait entreprendre des actions de suivis sur la base de ses pouvoirs légaux et réglementaires.
Cas diagnostiqués de DEP au 18-03-2026
Cas diagnostiqués de DCVP au 18-03-2026
Temps de survie du virus de la DEP dans différents milieux
Plan d’action de l’EQSP pour les cas de DEP et de DCVP au Québec
- Critères de regain de statut négatif d’un site infecté à la diarrhée épidémique porcine (DEP) ou au deltacoronavirus porcin (DCVP)
- Annexe 1 – Sommaire des rôles et responsabilités dans la mise en œuvre du plan d’action
- Annexe 2 – Questionnaire à l’éleveur lors de cas de DEP ou de DCVP
- Annexe 3 – Description de la diarrhée épidémique porcine (DEP)
- Annexe 4 – Description du deltacoronavirus porcin (DCVP)
- Annexe 5-A – Modèles de communiqués pour la diarrhée épidémique porcine (DEP)
- Annexe 5-B – Modèles de communiqués pour le deltacoronavirus porcin (DCVP)
- Annexe 6 – Plan d’intervention à l’intention des médecins vétérinaires pour le contrôle et l’élimination de la diarrhée épidémique porcine (DEP) et du deltacoronavirus porcin (DCVP) dans un troupeau
- Annexe 6-A- Formulaire de consentement de l’éleveur
- Annexe 7- Mesures de bioconfinement et de biosécurité à l’intention des éleveurs et employés à la ferme pour les sites d’élevage porcin infectés par la diarrhée épidémique porcine (DEP) ou le deltacoronavirus porcin (DCVP)
- Annexe 7-A- Registre des visiteurs pour site infecté à la diarrhée épidémique porcine (DEP) ou le deltacoronavirus (DCVP)
- Annexe 7-B- Guide de nettoyage, lavage, désinfection et séchage des porcheries
- Annexe 7-C- Procédure de nettoyage et désinfection des lignes d’eau et des abreuvoirs d’un site contaminé par la diarrhée épidémique porcine (DEP) ou le deltacoronavirus porcin (DCVP)
- Annexe 7-D- Mesures à appliquer pour la gestion des animaux morts sur un site contaminé par la diarrhée épidémique porcine (DEP) ou le deltacoronavirus porcin (DCVP)
- Annexe 7-E- Procédure lors d’épandage de lisier
- Annexe 8- Mesures de biosécurité à l’intention des fournisseurs de produits et de services qui n’entrent pas dans les bâtiments
- Annexe 9- Mesures de biosécurité à l’intention des fournisseurs de fertilisants et herbicides qui doivent se rendre sur un site contaminé par la diarrhée épidémique porcine (DEP) ou le deltacoronavirus porcin (DCVP)
- Annexe 11- Mesures de biosécurité à l’intention des fournisseurs de produits et de services qui entrent dans les bâtiments
- Annexe 12- Mesures de biosécurité à l’intention des transporteurs de porcs
- Annexe 14- Mesures de biosécurité à l’intention des abattoirs
- Annexe 15- Mesures de biosécurité pour les équipes de laveurs de bâtiments où des porcs infectés par la diarrhée épidémique porcine (DEP) ou le deltacoronavirus porcin (DCVP) ont été logés
- Annexe 16- Journal de bord des correspondances
- Annexe 17- Mesures de biosécurité pour les équipes d’épandage de lisier des porcs contaminés par le virus de la diarrhée épidémique porcine (DEP) ou le deltacoronavirus porcin (DCVP)
- Recommandations concernant l’achat de porcs pour minimiser les risques de propagation de la DEP et du DCVP.
- Informations utiles sur les désinfectants enregistrés au canada et reconnus efficaces contre les virus de la diarrhée épidémique porcine (DEP), du deltacoronavirus porcin (DCVP) et du Senecavirus A (SVA) chez le porc.
Senecavirus A (SVA)
Le Senecavirus A est un virus de la même famille que le virus de la fièvre aphteuse et de la maladie vésiculaire du porc.
Le SVA est souvent associé à des cas de « maladie vésiculaire idiopathique » chez les porcs. Ce virus peut se retrouver chez les porcs, les bovins et les souris et ce n’est pas une zoonose. Le virus semble se transmettre rapidement par un contact direct avec des individus infectés, par des objets contaminés ou par aérosol. Les porcs excrètent le virus pour une période de temps assez longue après l’infection.
Son importance provient de sa ressemblance clinique aux maladies vésiculaires qui sont des maladies déclarables et de l’impact sur le commerce le temps que le diagnostic soit confirmé.
Plan d’action de l’EQSP pour les cas de SVA au Québec
Depuis l’été 2015, le Senecavirus A (SVA) a été diagnostiqué à plusieurs reprises aux États-Unis et des porcs de réforme originaires du Canada ayant transités par un centre de rassemblement ont été diagnostiqués à la maladie dans un abattoir américain en octobre 2015 et en septembre 2016. Face à la menace de la diarrhée épidémique porcine (DEP) qui s’est propagée rapidement aux États-Unis suite à son introduction en avril 2013, et puis le deltacoronavirus porcin (DCVP) en 2014, les membres de l’EQSP ont convenu d’ajouter au mandat de l’EQSP le Senecavirus A en mars 2017.
Afin de minimiser les risques d’introduction et de propagation de cette nouvelle maladie au Québec, l’EQSP et son Équipe technique de santé ont développé une stratégie en deux volets afin de définir un plan d’action pour contrôler et éliminer le SVA dans l’éventualité où cette maladie serait introduite au Québec.
Le Québec a finalement connu ses premiers cas de SVA à l’hiver 2024 et la maladie a été éradiquée des quatre sites affectés en cours d’année.